Encres

« Rien de ce qui est vivant n’est fixe et définitif. Ce qui est apparemment stable se fonde dans un mouvement ; ce qui est apparemment fini se noie dans l’infini » (Cheng, 2014, p. 96) .

Pendant plus de vingt ans, en parallèle de mon activité professionnelle, j’ai exploré le monde de la céramique. La terre est devenue un espace de recherche, d’écoute et d’expression, donnant lieu à plusieurs participations à des expositions collectives. Ce travail patient m’a permis d’approfondir le dialogue entre la matière, le geste et la durée.

Au fil des années, mon langage plastique s’est enrichi : j’ai peu à peu introduit l’encre de Chine. Des mots, des traces d’écriture sont venus habiter les surfaces, comme une respiration supplémentaire, un passage entre le visible, le sensible et l’intime.

Aujourd’hui, mon travail créatif s’oriente vers un médium plus léger : l’encre, les pinceaux et l’eau. Inspirée librement par le Shodō, je m’attache à la force du geste et à la présence de ce qui est là, en moi et hors de moi. Chaque trait reflète mon état intérieur, une vibration et une tension entre intention et abandon. L’encre ainsi déposée devient le mouvement d’un instant pleinement vécu.

De trait en trait, parfois, alors, je parviens à ces courts instants de grâce où l’on sent, où l’on sait que l’élan est juste.

Césures...